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Promotion de la santé des adolescents et des jeunes et lutte contre les violences basées sur le genre dans la région de Ziguinchor « SAM, AAR NDAW YI AK DJIGUENE YI »

  • TITRE DU PROJET :

Promotion de la santé des adolescents et des jeunes et lutte contre les violences basées sur le genre dans la région de Ziguinchor  

« SAM, AAR NDAW YI AK DJIGUENE YI »

 

  • DUREE DU PROJET : 04 ans (2021-2024)

 

  • RESUME DU PROJET 

Ce  projet vise à contribuer à l’amélioration de la santé des adolescents et des jeunes de la Région de Ziguinchor à travers l’accroissement de la disponibilité, de l’accessibilité et de l’utilisation des services de santé de qualité, y compris l’adoption de changements de comportements positifs.

Il vise aussi à intensifier l’engagement des jeunes dans la lutte contre les VBG dont les femmes et les filles en sont les principales victimes.

Les jeunes et adolescents sont confrontés à des problèmes de santé divers. Ces difficultés sont liées entre autres à l’accès aux services de santé, à la sexualité précoce, aux IST/VIH-SIDA, aux grossesses précoces et/ou non désirées, aux avortements clandestins, aux accidents et suicides, aux mutilations génitales ainsi qu’aux conséquences des mauvaises habitudes telles que l’alcoolisme, le tabagisme, la toxicomanie et les violences basées sur le genre.

Le présent projet visant à contribuer à la résolution de ces multiples problèmes, il va travailler en étroite collaboration avec les services de santé et le Centre Conseil Ados (CCA) de Ziguinchor.

L’approche proposée est celle de la « Paire éducation » dont les acteurs sont issus même du groupe des adolescent(e)s et jeunes qui seront les sources d’informations en matière de santé auprès de leurs camarades après leur formation.

Le projet favorise la communication entre les jeunes, entre les jeunes et les différents groupes sociaux (parents, prestataires de santé, enseignants, etc.) mais aussi avec les autorités locales et politiques avec lesquels les ados sont en interactions et qui ont la charge de leur offrir un cadre pour le développement de leur santé.

La communication vise une prise de conscience des comportements à risques et le changement social.

 

  • JUSTIFICATION

Parler de la santé des adolescents et des jeunes revient à s’intéresser aux facteurs de vulnérabilité. Cette conception suppose que les jeunes et les adolescents sont de plus en plus exposés aux grossesses précoces, IST et VIH/SIDA du fait de leur sexualité précoce.

Pour cela, il est donc primordial de s’intéresser à l’accès des jeunes à l’information et aux services de santé de qualité adaptés à leur besoin.

A cela, s’ajoute le fait que l’adolescence étant une période de transition de l’enfance à l’adulte entraine des changements considérables dans la vie d’un humain sur le plan physique, psychologique, affectif etc. Elle témoigne de la maturation physique chez l’adolescent et de sa capacité de reproduction. Durant cette période l’adolescent même s’il est en progrès et aussi exposé à des risques, le désir de s’affirmer et l’envie de découverte les poussent à l’aventure.

Au Sénégal, peu de jeunes  filles recourent aux services officiels de santé ; beaucoup de jeunes filles semblent ne pas savoir avec certitude si elles sont autorisées à pratiquer la contraception avant 18 ans. Les jeunes femmes citent aussi les attitudes et les normes culturelles et religieuses qui censurent le rapport sexuel prénuptial parmi les raisons pour lesquelles elles ne cherchent pas à obtenir de services.

Si l’engagement politique a contribué à réaliser certains progrès, les adolescent(e)s/jeunes sénégalais rencontrent encore de nombreux problèmes liés à la santé. Par exemple : selon le plan stratégique de la santé de la reproduction des adolescent (e)s /jeunes au Sénégal (2014-2018) : un tiers (33%) des femmes âgées de 20 à 24 ans étaient mariées avant 18 ans, et plus d’une sur dix (12%) l’étaient avant l’âge de 15 ans.

Le taux de grossesse chez les adolescentes (15-19 ans) est de 78 pour 1000, avec un nombre particulièrement élevé de naissances chez les adolescentes des zones rurales. Seulement 3% des adolescentes mariées (15-19 ans) et 12% des jeunes femmes mariées (20-24 ans) utilisent une méthode de contraception moderne. Les besoins non satisfaits de contraception chez les jeunes femmes célibataires est de 70% et de 31% chez les jeunes femmes mariées.

Les victimes de violences basées sur le genre comme les mariages précoces rencontrent des problèmes tels que : les grossesses précoces ou non désirées, les avortements, les mortalités infantiles et/ou néonatales, les infanticides.

En effet, selon l’EDS continu de 2017, le phénomène du mariage des enfants est très répandu au Sénégal avec des taux plus élevé dans certaines régions comme Kolda (68%), Tambacounda (57%), Ziguinchor (55 %), Matam (56%), Louga (47%), Diourbel (46%) et Kaolack (39%).

Le phénomène est plus accentué en milieu rural (49,3%) qu’en milieu urbain (16.9%) et plus courant dans les ménages pauvres.

Rappelant que la violence sexuelle et sexiste est considérée comme une violation des droits de l’homme. Elle prive l’individu de sa dignité humaine et elle est préjudiciable au développement humain.

Dans le contexte du mariage précoce, il ressort souvent un manque de consentement de la fille qui est mariée à un âge où son corps n’a pas encore atteint sa croissance normale. La fille n’est pas prête physiquement et psychologiquement à un mariage. Elle ne connait même pas encore les aspects liés à son corps (cycle menstruel, puberté etc.). Etant mariée très tôt, elle peut tomber enceinte au moment où elle s’y attend le moins alors que son corps n’est pas apte à développer une grossesse. Ce qui peut engendrer des complications pour la fille telles que : les fistules obstétricales, des troubles psychologiques, une mortalité maternelle et/ou néonatale, etc.

S’y ajoute le faible taux de fréquentation des adolescentes au sein des services de santé dû le plus souvent aux pesanteurs socio-culturelles. Alors que c’est un droit pour toute personne de recevoir tous les soins de santé sans discrimination fondée sur l’âge, le sexe, le statut matrimonial, l’appartenance à un groupe ethnique ou religieux.

Les Facteurs de vulnérabilité des jeunes dans le domaine de la santé sont essentiellement :

  • La forte prégnance des valeurs culturelles (Patriarcat et religions) maintient les femmes dans une dépendance vis-à-vis des hommes ;
  • Le faible pouvoir économique des jeunes ;
  • L’insuffisance de la communication intergénérationnelle ;
  • Une prise en charge insuffisante des besoins des ados et jeunes par les politiques de santé.

 Au vu de cette situation, il est essentiel de mettre en œuvre des stratégies de lutte afin de protéger les jeunes. Ces stratégies peuvent donc constituer un moyen efficace de lutte contre les grossesses précoces et les infections sexuellement transmissibles chez les adolescent-e-s et jeunes, ceux qui les plus souvent entrainent des conséquences immédiates non seulement sur le plan sanitaire, social mais aussi économique à long terme.

C’est dans cette optique de faire de la prévention un cheval de lutte contre les VBG que ce projet accordera une importance particulière au renforcement des capacités de leadership, de communication et de défense des droits des filles.

Ainsi, le projet déroulera ses activités dans la région de Ziguinchor où il est observé une recrudescence de ces pratiques qui bafouent les droits des jeunes précisément des filles.

Le projet cherche à influencer les adolescents (es) afin qu’ils adoptent un changement  de comportement  responsable.

 

V OBJECTIFS et RESULTATS ATTENDUS DU PROJET 

  • OBECTIFS DU PROJET

Objectif général : Contribuer à l’amélioration de l’accès aux services de santé au profit des adolescents et jeunes en particulier les plus vulnérables et lutte contre les Violences Basées sur le Genre (VBG) dans la région de Ziguinchor.

Objectifs spécifiques :

  • OS1 : Renforcer le leadership des jeunes filles et garçons pour la promotion des droits en santé des adolescentes et la prévention des VBG.
  • OS2 : Renforcer l’engagement des décideurs et praticiens à l’amélioration de la disponibilité et l’accès aux produits contraceptifs et aux services de santé de qualité adaptés aux besoins des adolescents et des jeunes et la mise en place de dispositif de protection des femmes et des filles contre les VBG.
  • OS 3 : Proposer des recommandations stratégiques pour l’amélioration de l’accès aux services de santé et de PF au profit des adolescents et jeunes en particulier les plus vulnérables et lutte contre les Violences Basées sur le Genre (VBG) dans la région de Ziguinchor.

 

  • RESULTATS ATTENDUS :
  • RA1 : 50 jeunes garçons et filles de la région de Ziguinchor ont les connaissances requises pour communiquer sur leur santé et les compétences pour animer des causeries.
  • RA 2 : Une prise de conscience des décideurs et un engagement effectif et constant pour l’amélioration de la disponibilité et l’accès aux produits contraceptifs et aux services de santé de qualité adaptés aux besoins des adolescents et des jeunes et la mise en place de dispositif de protection des femmes et des filles contre les VBG.
  • RA 3 : 20 000 jeunes filles et garçons sont sensibilisés sur leur santé afin de les inciter à fréquenter les services de santé et à adopter un changement de comportement responsable.

 

VI METHODOLOGIE

La démarche sur le terrain contribuera à renforcer la synergie des actions déjà enclenchées par les autorités pour la protection des adolescents (es) et des jeunes (filles et garçons).

Ainsi, à travers des activités de formation, de sensibilisation et d’information, les approches suivantes seront utilisées :

  • L’approche intergénérationnelle : elle consiste à créer des cadres d’échanges, de partage, d’expériences et de connaissances par les différentes générations (Adultes et jeunes, femmes et filles, hommes et garçons, mère, père, grand père, grand-mère et enfants) que constituent les communautés. Elle se fera à travers une activité de causerie qui réunira 25 personnes d’âges et de sexes différents. Sous la supervision d’un point focal régional avec l’appui d’un leader communautaire, elle sera l’occasion de discuter, de partager des expériences, des conseils et des idéologies entre des générations différentes sur les thématiques liés à la santé des jeunes, et aux violences basées sur le genre.
  • L’approche NE PAS NUIRE : la communication sociale pour un changement de comportement va apporter une touche innovante à ce projet car elle va mettre à profit les jeunes par leur engagement, leur désir du changement et le besoin de participation sur la problématique dans leurs communautés en respectant les réalités culturelles, religieuses et communautaires. C’est une stratégie qui consiste à communiquer avec les communautés sans choquer, ni heurter leur sensibilité avec des terminologies appropriées.
  • L’usage des technologies digitales : c’est un moyen d’enclencher une dynamique sociale à travers des messages, des images et des fora de débat. Les réseaux sociaux seront un moyen d’information, de sensibilisation, de dialogue et de dénonciation.

Une plateforme digitale sera créée pour faciliter l’accès à l’information aux adolescents et jeunes. Cette plateforme sera un cadre d’échange, d’information et de sensibilisation sur la santé des jeunes et sur les violences basées sur le genre. Elle réunira des spécialistes juridiques, médicales, des jeunes activistes et influenceurs de la société civile, des leaders d’opinion.

Elle sera aussi un moyen de vulgariser les numéros verts pour faciliter les référencements avec les services spécialisés sur les questions liées à la santé des jeunes et des violences basées sur le genre.

  • L’approche participative et inclusive : elle consiste à impliquer les femmes, les hommes et les jeunes (filles et garçons) qui sont des leaders et des porteurs de voix dans leurs communautés. Les jeunes filles/femmes victimes de violences basées sur le genre seront impliquées afin qu’elles soient des actrices et des ambassadeurs en faveur de l’abandon de ces violences.

Ce sera l’occasion d’inclure toutes les parties prenantes dans le processus et la mise en œuvre des actions pour une meilleure appropriation du projet par les cibles et les bénéficiaires qui sont leurs propres acteurs de changement pour l’atteinte des résultats escomptés.

  • L’approche masculinité positive : c’est travailler avec les hommes sur les masculinités. Nous envisageons contribuer à la transformation des rapports inégalitaires entre les femmes et les hommes ; les filles et les garçons. On s’appuie sur le rôle positif qu’ils peuvent jouer dans la lutte contre les inégalités de genre. On questionne les masculinités qui s’appuient sur un système de domination des femmes ainsi sur la discrimination des hommes qui ne se conforment pas au modèle dominant. Si les hommes font partie du problème des inégalités, il faut travailler avec eux pour qu’ils fassent partie de la solution. Ainsi dans le processus de mise en œuvre de ce projet, les hommes seront nos alliés et participeront dans nos activités de lutte contre toute forme de discrimination à l’égard des filles/femmes dans la promotion de l’autonomisation des femmes et de la lutte contre les violences basées sur le genre notamment les mariages précoces.

Nous sommes dans une société patriarcale où les hommes détiennent le plus souvent le pouvoir décisionnel d’où l’importance de les conscientiser à travers une activité de sensibilisation pour les inciter à prendre part à la lutte contre les violences que subissent les femmes.

  • Le leadership transformationnel féministe : c’est une transformation individuelle et collective à travers un partage des connaissances, des habiletés et des ressources afin de contribuer à des structures organisationnelles inclusives, participatives et non hiérarchiques qui respectent les droits des filles. Intégrant ainsi dans les ateliers de formation en leadership féminin et transformationnel, les thématiques sur la connaissance de soi et l’estime de soi permettront aux jeunes filles de mieux s’imprégner sur leur santé afin de mieux connaitre leur corps. Cette approche va amener les jeunes à fréquenter plus les services de santé et connaitront davantage leurs droits.
  • Dimension COVID-19

Dans la mise en œuvre des activités du projet, la dimension COVID sera prise en compte. En effet pour chaque activité qui sera organisée, le respect des gestes barrières sera de mise avec la distanciation sociale, le port du masque, l’usage du gel hydro alcoolique et du thermo flash.

Il en est de même pour les réunions de coordination qui ne se feront pas obligatoirement de manière présentielle. L’utilisation des plateformes comme Zoom, Google MEET, Teams, pourront être des alternatives.

 

  • LES ACTIVITES DU PROJET

Les principales activités du projet sont :

  1. Organiser un atelier de lancement du projet à Ziguinchor ;
  2. Organiser 01 atelier de formation de 3 jours pour l’amélioration des connaissances de 50 jeunes de la région de Ziguinchor sur leur santé et sur les techniques d’animation de causeries ;
  3. Créer une plateforme digitale d’échange, d’information et de sensibilisation sur la santé des jeunes et sur les violences basées sur le genre ;
  4. Organiser 01 séance d’information et d’imprégnation sur l’utilisation de la plateforme digitale avec les jeunes, les leaders d’opinion et les autorités ;
  5. Organiser une campagne d’information et de sensibilisation sur les réseaux sociaux sur la santé des adolescents et jeunes et sur les VBG afin de les inciter à fréquenter les services de santé et à adopter un changement de comportement responsable ;
  6. Organiser 30 séances de causeries entre les jeunes et leaders communautaires sur les thématiques de la santé des jeunes et les VBG à Ziguinchor ;
  7. Organiser 6 séances de dialogues intergénérationnels afin de Favoriser des relations et des partenariats pour construire une solidarité entre générations en vue d’éradiquer les VBG mais aussi les barrières liées à la santé des jeunes ;
  8. Organiser 02 rencontres de plaidoyer auprès des leaders d’opinion pour le respect des droits des adolescents et des jeunes et l’application des lois sur les violences faites aux filles ;
  9. Organiser 4 missions annuelles de supervision des activités du projet à Ziguinchor ; 
  10. Organiser un atelier d’évaluation et de capitalisation des acquis à Ziguinchor.