Journée mondiale d’action sur les finances
27 au 29 juin 2025
Payez Maintenant ! Annulez la Dette !
Changez le Système !
Le monde est confronté à de multiples crises qui se chevauchent et s’intensifient — effondrement climatique, pauvreté croissante, inégalités grandissantes, fardeaux écrasants de la dette et réduction des espaces démocratiques. Nous faisons face à deux défis fondamentaux et interconnectés :
Mobiliser d’urgence les ressources financières nécessaires à l’échelle et à la vitesse nécessaires, , de manière juste, équitable et responsable — non seulement pour survivre aux crises multiples, mais pour construire un monde nouveau et meilleur.
Effectuer des changements profonds dans le système financier international, non seulement pour mobiliser des ressources, mais pour arrêter l’hémorragie énorme et continue de richesses et de ressources naturelles du Sud global vers le Nord global. Si cela ne cesse pas, la mobilisation de financements pour le Sud n’aura que peu d’impact.
Plus que jamais, notre solidarité et notre action collective sont nécessaires. Ce monde est à nous ! Nous devons intensifier nos luttes pour le reprendre, défendre nos droits, nous lever pour la justice et changer le système afin que les besoins, les intérêts, les droits et les aspirations des peuples du monde entier priment sur les profits des entreprises et les excès des élites.
Payez !
Depuis le début de l’industrialisation, le Nord global s’est enrichi aux dépens de la planète et de ses peuples. Aujourd’hui, ces pays poursuivent sur cette voie destructrice. Le Nord doit au Sud une immense dette historique, sociale et économique issue de siècles d’extraction, d’exploitation et d’oppression coloniale et postcoloniale. Une partie de cette dette est la dette climatique, due à la part massive du Nord dans les émissions historiques cumulées de gaz à effet de serre qui alimentent la crise climatique.
Les élites mondiales et les multinationales ont bâti leurs vastes fortunes en accaparant les ressources et en exploitant les travailleurs, les paysan·nes, les femmes et les communautés. Elles ont pillé les biens communs de la Terre, pollué les écosystèmes et tiré profit de la dépossession et de la souffrance de milliards de personnes.
Nous exigeons des RÉPARATIONS pour ces torts historiques et actuels. Les réparations comprennent :
1. L’accomplissement par les pays du Nord de leur obligation de fournir un financement climatique au Sud global! Le financement climatique doit être public, nouveau et additionnel, et ne pas créer de dette supplémentaire!
Les pays riches du Nord ont l’obligation de fournir un financement climatique public, suffisant et non générateur de dette au Sud. Cette obligation est clairement stipulée dans la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), à laquelle ils sont légalement liés. Elle repose sur leur responsabilité historique dans la crise climatique, en raison de leurs émissions excessives, accumulées et croissantes de gaz à effet de serre. En 2021, les pays du Nord étaient responsables de plus de la moitié des émissions historiques mondiales, alors qu’ils ne représentaient que 12 % de la population mondiale. Et les 10 % les plus riches de la population mondiale sont responsables de près de la moitié de toutes les émissions de gaz à effet de serre.
Malgré cette obligation historique, éthique et légale, les gouvernements du Nord global continuent de refuser de payer, tout en donnant des leçons au Sud global sur l’ambition climatique. Ils prétendent manquer de fonds publics, alors qu’ils allouent des milliards, voire des milliers de milliards, aux combustibles fossiles et aux budgets militaires. Ce refus de financer l’action climatique a permis à la crise de se poursuivre sans relâche, laissant les pays du Sud global affronter seuls les impacts, malgré leur faible responsabilité.
Le financement climatique doit couvrir l’adaptation, l’atténuation, les pertes et dommages, ainsi qu’une transition juste. Les besoins en financement climatique sont actuellement estimés à au moins 5 000 milliards de dollars américains par an (USD 5 Trillion). Les populations et communautés en première ligne doivent non seulement en bénéficier, mais aussi jouer un rôle central dans la conception et la mise en œuvre des réponses climatiques. Le financement climatique doit être acheminé par des mécanismes démocratiques et transparents, et non par les banques multilatérales de développement ni d’autres institutions non démocratiques dirigées par le Nord global.
2. Taxation de la richesse excessive, des profits abusifs et entreprises socialement et écologiquement nuisibles
Les réparations impliquent des transferts massifs de ressources de ceux qui ont causé le préjudice vers ceux qui en subissent encore les conséquences. La taxation est l’un des outils les plus directs, transparents et équitables pour y parvenir. Taxer la richesse excessive et entreprises socialement et écologiquement nuisibles est une question de justice redistributive autant que de financement.
Il a été prouvé que les gouvernements du Nord peuvent lever des milliers de milliards chaque année pour financer l’action climatique et le développement dans le Sud global en imposant leurs élites et les multinationales. Ce n’est pas une question de manque de ressources, mais de volonté politique.
Cependant, ces taxes ne doivent pas être considérées comme une autorisation à poursuivre les préjudices. Elles doivent être accompagnées de changements politiques et structurels visant à mettre fin à l’accumulation excessive de richesse, à la recherche de profits abusifs et aux atteintes sociales et environnementales. Ces changements doivent être facilités et intégrés dans la Convention-cadre des Nations Unies sur la coopération fiscale internationale actuellement en cours de négociation.
Annulez la Dette !
La dette publique que le Nord global prélève du Sud global constitue un fardeau accablant pour les pays, les peuples et les communautés. Le service de cette dette impose d’énormes pressions fiscales et représente un obstacle majeur à la réalisation du développement durable, de la justice économique et de l’action climatique. Les pays du Sud global sont contraints de donner la priorité au remboursement de leurs dettes envers les gouvernements riches, les institutions multilatérales et les prêteurs privés — alors même qu’ils peinent à fournir nourriture, eau, soins de santé et logement. Encore et encore, les pays doivent s’endetter simplement pour survivre ou se reconstruire après des catastrophes qu’ils n’ont pas causées. Les créanciers cultivent la dépendance, tandis que le système punit toute tentative de s’en libérer. Les pays du Sud global paient davantage aux créanciers qu’ils ne reçoivent pour le climat ou le développement. Ils sont piégés dans des cycles sans fin et de plus en plus lourds d’endettement et de remboursement.
Par JUSTICE, nous exigeons :
1. Annulation inconditionnelle des dettes publiques par tous les prêteurs — bilatéraux, multilatéraux et privés — pour tous les pays en besoin
Les ressources libérées par l’annulation de la dette doivent être utilisées pour répondre aux besoins immédiats en soins de santé universels et vitaux, en protection sociale, en éducation, en logement et en autres services essentiels ; assurer la sécurité et le bien-être des personnes et des communautés ; fournir une aide économique et structurelle aux individus, familles et communautés touchés, vulnérables et marginalisés ; entreprendre une action climatique urgente ; et construire des économies équitables, respectueuses des droits humains, promouvant la justice de genre, raciale et écologique, résilientes face au climat et compatibles avec la santé de la planète.
2. Annulation immédiate de toutes les dettes illégitimes contractées par des prêts nuisibles
Ces dettes financières ne sont pas seulement insoutenables — la plupart sont illégitimes. Beaucoup ont été contractées à travers des prêts poussés par l’offre et des pratiques prédatrices, accompagnées de conditionnalités néfastes et/ou n’ayant apporté aucun bénéfice réel aux communautés. Certaines ont même entraîné des déplacements de populations, la dégradation des écosystèmes, et aggravé la crise climatique, notamment celles qui ont financé des projets liés aux énergies fossiles. Ces dettes ont enrichi des élites et des entreprises — tout en imposant des charges durables aux pays.
Les soi-disant dettes publiques du Sud global — aussi nocives soient-elles — sont minimes par rapport à la dette historique, économique, sociale et écologique que le Nord global doit au Sud. Ces dettes ont été accumulées au fil des siècles de colonisation, d’esclavage, d’accaparement des terres, d’extractivisme et de destruction du climat, et elles continuent à s’accroître à travers la domination des systèmes commerciaux, financiers, fiscaux et des ressources naturelles mondiales. Ce ne sont pas des dettes métaphoriques. Elles se mesurent en vies, en travail, en ressources et en écosystèmes.
Changeons le système!
Les sorties nettes de richesses et de ressources du Sud vers le Nord sont ancrées dans des systèmes fiscaux, monétaires, financiers, commerciaux et d’investissement profondément extractivistes et inéquitables. L’hémorragie prend différentes formes : rapatriement des profits, évasion et optimisation fiscale, flux financiers illicites, extraction et pillage des ressources naturelles, paiement de dettes insoutenables et illégitimes, accaparement des terres, exploitation du travail, financiarisation et marchandisation de la nature.
On ne peut pas parler de lever les obstacles financiers sans affronter les racines coloniales et les injustices actuelles du système financier mondial — un système encore dominé par une poignée de nations créancières et d’élites financières. Pour stopper cette hémorragie, mettre fin aux relations économiques injustes entre et au sein des pays, garantir les droits humains et l’égalité de genre, et construire des sociétés justes, durables, équitables et résilientes au climat, nous appelons à une TRANSFORMATION FONDAMENTALE du système financier international et à la démocratisation de la gouvernance économique mondiale. Il faut lutter pour une architecture financière différente — fondée sur la justice, l’équité et les réparations.
1. La finance publique doit montrer la voie
La finance publique — et non le capital privé — doit être le moteur du développement juste, équitable et durable, ainsi que de l’action climatique. Cela signifie augmenter massivement les financements publics sous forme de subventions, sans création de dette, et réinvestir dans des institutions publiques solides capables de mobiliser et de distribuer les ressources de manière équitable et transparente. La finance privée peut jouer un rôle, mais elle ne doit pas et ne peut pas remplacer la finance publique.
Les Etats affirment que les finances publiques sont exsangues, que la finance privée doit prendre le relais. Ils disent que les fonds publics disponibles devraient principalement servir à réduire les risques pour les investisseurs privés, à les inciter et à libérer des milliards venant du secteur privé. Cette approche s’est révélée inefficace et largement surestimée, transformant les droits et les biens publics en opportunités d’investissement. Elle a également réduit le financement climatique à un outil de rendement financier, et non de justice climatique.
2. Changer les règles et les pratiques en matière de prêts et d’endettement. Établir une Convention-cadre multilatérale démocratique et équitable de l’ONU sur la dette.
Le système mondial actuel de prêts et d’endettement est profondément injuste et favorable aux créanciers. Il impose des charges écrasantes au Sud global, où les dettes publiques — souvent illégitimes, insoutenables et nocives — continuent d’être exigées alors que les besoins urgents en matière de santé, d’éducation, de protection sociale et d’action climatique ne sont pas couverts.
Les créanciers puissants — institutions multilatérales comme le FMI et la Banque mondiale, institutions financières privées, et gouvernements du Nord — définissent unilatéralement les règles d’emprunt, de remboursement et de restructuration, tandis que les pays emprunteurs du Sud ont peu de voix au chapitre. Les initiatives actuelles pour traiter la question de la dette et les évaluations de soutenabilité sont inadéquates voire nuisibles. Elles ignorent les droits humains, l’égalité de genre et les besoins en matière de climat, et ne remettent pas en question la légitimité des dettes.
Pour sortir de l’esclavage de la dette et rompre avec l’accumulation perpétuelle de dettes illégitimes et insoutenables, il faut transformer les règles et pratiques du prêt et de l’emprunt. Un pas décisif serait l’adoption d’une Convention-cadre contraignante des Nations Unies sur la dette, fondée sur la justice, les droits humains, la démocratie et l’équité — et non sur la recherche de profit ou la préservation du pouvoir. Cette Convention réorienterait les politiques de la dette vers les besoins humains et les limites planétaires, et ouvrirait la voie à un mécanisme international multilatéral démocratique et transparent pour traiter les dettes insoutenables et illégitimes.
3. Réformer en profondeur l’architecture fiscale internationale
Le système fiscal international est un pilier fondamental de l’ordre économique et financier mondial actuel — et aussi l’un des plus défaillants. Héritée du colonialisme et conçue pour protéger les intérêts des pays et entreprises les plus riches, cette architecture permet une évasion fiscale massive, des abus fiscaux par les multinationales, des flux financiers illicites et la perte de ressources publiques massives dans le Sud global, où une grande partie de la richesse mondiale est créée. Des centaines de milliards de dollars de recettes fiscales potentielles sont perdus chaque année à l’échelle mondiale, tant dans le Sud que dans le Nord.
En plus de l’adoption de taxes sur la richesse excessive, la spéculation et les atteintes sociales et environnementales, l’ensemble de l’architecture fiscale internationale doit être transformé : d’un système qui permet l’inégalité et l’impunité, à un système qui garantit l’équité, la responsabilité, l’inclusivité et les réparations. À cette fin, il est essentiel qu’une Convention-cadre des Nations Unies sur la coopération fiscale internationale (UN FCITC), démocratique et équitable, soit mise en place avec succès. Cela doit inclure la fin des paradis fiscaux et des juridictions opaques, la réattribution des droits d’imposition, la promotion de mécanismes et d’accords internationaux de transparence, comme le Registre public des bénéficiaires effectifs, l’Échange automatique d’informations et les Rapports pays par pays, ainsi que la limitation de la manipulation des prix de transfert. Les industries polluantes doivent être strictement réglementées et soumises à une surtaxe sur leurs bénéfices.
4. Réguler les flux de capitaux internationaux, les activités spéculatives, les instruments financiers et les agents financiers internationaux, y compris le rapatriement des bénéfices, les investissements de portefeuille à court terme, la spéculation sur les instruments financiers tels que les obligations, les titres et les dérivés, les marchés financiers y compris les marchés secondaires, les intermédiaires financiers et les agences de notation.
Les flux de capitaux internationaux et les marchés financiers exercent un immense pouvoir sur les économies nationales, les moyens de subsistance et la prise de décision publique. Pourtant, ce pouvoir est en grande partie non réglementé, les acteurs financiers pouvant déplacer des sommes colossales à travers les frontières à une vitesse fulgurante—sans égard pour les impacts sur les peuples, les sociétés ou la planète. Cette absence de régulation provoque une volatilité économique extrême, renforce les inégalités, perpétue la dépendance à la dette et aggrave les crises, en particulier dans le Sud Global. Pour garantir la souveraineté et la stabilité économique et financière indispensables à une transition juste et rapide vers des économies durables et décarbonées, un système complet de régulation financière mondiale est urgent et nécessaire.
5. Repenser complètement, voire remplacer, les institutions financières internationales par des organes mondiaux démocratiques et équitables.
Le Fonds Monétaire International (FMI), la Banque Mondiale et d’autres institutions financières internationales (IFIs) ont joué un rôle central dans la structuration du système économique et financier mondial au cours des huit dernières décennies. Elles ont influencé les politiques macroéconomiques, les dépenses sociales, les priorités de développement et les structures de gouvernance—en particulier dans le Sud Global. Ce faisant, elles ont enraciné les inégalités, aggravé la dépendance à la dette et maintenu des relations de pouvoir néocoloniales. Pour construire un ordre mondial juste et durable, ces institutions doivent être complètement repensées—voire remplacées—par des organes mondiaux véritablement démocratiques, inclusifs et équitables.
6. Mettre en place des mécanismes internationaux et nationaux pour une Transition Juste afin d’accélérer, consolider et réaliser une Transition Juste globale à travers l’ensemble des systèmes économiques et financiers — entre et au sein des pays — fondée sur les principes de responsabilité historique, d’équité, de Responsabilités Communes Mais Différenciées et de Capacités Respectives (RCMD-CR), ainsi que de justice redistributive et réparatrice.
Ce monde est à nous ! Levons-nous face aux crises, exigeons des réparations et changeons le système !
Notre monde est peut-être en crise, mais ensemble nous pouvons opérer un changement systémique aux niveaux local, national et mondial. Rassemblons notre volonté et notre force collective pour mener des actions et des mobilisations plus vastes et plus puissantes, sous diverses formes, dans le plus grand nombre de lieux et de pays possible!
Ensemble, nous pouvons faire la différence
Chaque action compte. En rejoignant le réseau, en soutenant nos initiatives ou en partageant nos actions, vous contribuez à un changement concret au service des communautés et de l’environnement.
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